Sydney : Allo ?
Inconnu : Bonjour Sydney, ça faisait longtemps
Sydney se plaça d’une manière plus agréable dans son fauteuil, se détendant, enfin des nouvelles de son élève et de son « fils ».
Sydney : Comment vas-tu depuis ses 6 longs mois ?
Jarod : ah, vous aussi vous avez compté depuis combien de temps déjà (petit sourire), je fais aller ma vie…
Sydney ne sut pas exactement quoi répondre à cette phrase, il n’avait pas été habitué à voir son « fils » avec si peu d’en train, sans projets précis.
Sydney : tu es sur que ça va ?
Jarod : Non ça ne va pas Sydney, et … enfin … je ne savais pas qui appeler pour parler de ça et euh… j’ai pensé à vous mais … ce n’était peut être pas une très bonne idée … vous devez être occupé …au revoir et désolé Sydney.
Sydney (hurlant dans le téléphone) ne t’en vas pas ! Jarod je t’en prie ne t’en vas pas, je n’ai rien de prévu pour ce soir et j’ai vraiment envi de parler avec toi, ça m’a manqué de ne pas avoir de tes nouvelles.
Jarod : Au moins une personne …
Sydney : Pardon ?
Jarod : Non rien laissé tomber …
Sydney : Si tu préfères …
Jarod : Je peux rentrer chez vous ? Je suis à la porte et il commence vraiment à faire froid dehors.
Sydney : bien sur, j’arrive pour t’ouvrir la porte.
Sydney raccrocha le téléphone et se dirigea en courant vers la porte pour ouvrir à son invité nocturne.
Après avoir refermé la porte, son premier réflexe fut de le prendre dans ses bras, comme un père accueillerait un fils de retour à la maison après une longue absence, Jarod répondit à cet élan de tendresse mais avec un peu plus de retenu qu’à son habitude.
Sydney : Jarod, cela faisait si longtemps, tu m’as vraiment manqué.
Jarod pour toute réponse lui fit un petit sourire
Sydney : oh mais excuse moi, j’oublie les bonnes manières, tu peux aller t’asseoir dans le salon et enlever ta veste, j’arrive avec du café.
Jarod se dirigea sans un mot vers le salon, pour attendre son ancien mentor qui était devenu pour lui maintenant un véritable ami et en quelque sorte un père aussi puisque c’était lui qui l’avait vu grandir, qui l’avait élevé, qui lui avait appris à faire ses nœuds de cravate. A cette pensé un petit sourire passa durant quelques minutes sur son visage.
Sydney arriva quelques minutes plus tard avec deux tasses remplies de café.
Ce n’est qu’arrivé dans le salon que Sydney se rendit compte de son erreur: Jarod ne boit pas de café, c’est du chocolat chaud qu’il prend.
Sydney : je suis désolé.
Jarod : Pourquoi ?
Sydney : Pour le café, j’ai oublié durant quelques minutes que tu n’aimais que le chocolat chaud.
Jarod prit la tasse et répondit : Non, je ne bois plus de chocolat chaud, çà c’était le Jarod d’avant maintenant je bois du café.
Sydney : Bien
Mais en faites non tout n’allait pas bien, à vrai dire tout allait mal depuis le retour de Jarod, non pas que la situation était tendu entre eux deux mais Sydney ne parvenait pas à reconnaître Jarod , celui qui était en face de lui était tellement froid, distant et la lumière qui brillait auparavant dans ses yeux comme dans ceux de tous les autres enfants c’était éteinte et cette remarque attrista Sydney, il parvenait un petit peu mieux à comprendre la remarque de Jarod de tout à l’heure : le Jarod d’avant, la magie de l’enfance et de l’émerveillement c’était brisé et c’était l’adulte qui se réveillait, un adulte meurtri et blessé au plus profond de lui.
Jarod : il fallait bien qu’un jour moi aussi j’arrête de croire aux contes pour enfants.
Sydney le regard surpris , il n’était pas habitué à ce que ses quelques patients devine ses pensées et le fil de sa réflexion puis un sourire apparut sur ses lèvres, ce n’était pas n’importe qui, c’était Jarod le Caméléon.
Sydney : Je trouve cela dommage, ce côté enfantin faisait en grande partie ta personnalité si extravagante mais qui plaisait autant aux gens.
Jarod : Je sais mais je n’ai pas tant changé que cela, je suis toujours Onyssius ou tout du moins je tente de l’être, j’aide toujours les gens qui sont dans le besoin.
Sydney mit longtemps à répondre, non pas que sa prochaine réplique fut longue à parvenir à son esprit mais plutôt qu’il était quelque peu effrayé de la réponse que pourrait donner Jarod.
Sydney : Alors pourquoi depuis 6 mois n’avons-nous pas vu de carnets rouges ?
Jarod : Parce que j’ai décidé de couper mes relations avec le Centre et plus particulièrement avec une certaine personne.
L’effet de cette réponse fut immédiat sur Sydney qui se sentit trembler et attraper la chair de poule pas totalement à cause de la réponse de celui-ci mais surtout par le ton qu’il avait employé, un ton froid, distant et son regard était noir alors que normalement lorsqu’il parlait de Melle Parker ses yeux souriaient et montraient à quel point leur relation était forte, à moins que ce ne fut pas de Melle Parker qu’il parla mais de lui ?
Sydney : Cette personne c’est Melle Parker ?
Jarod hocha la tête et Sydney put lire à ce moment précis dans son regard une immense tristesse et une très grande douleur durant un moment pratiquement imperceptible puis de nouveau ce masque dur et froid. Masque au non pas toi pas toi Jarod !
Sydney : Jarod ce n’est pas la meilleure solution que tu as adopté que de prendre sa technique et de créer ton propre masque de dureté et d’amertume comme elle le fait. Tu as plein d’exemple qui montrent bien que ça ne lui sert à rien et que c’est une idée stupide.
Jarod : Peut être Sydney mais je souffre moins ainsi.
Sydney sentit alors un gout salé venir à sa bouche et se rendit compte qu’il pleurait, il pleurait de tristesse, de désespoir, Non COMMENT ETAIT CE POSSIBLE ????
Comment le Centre avait pu l’avoir lui ? Comment avait-il fait pour lui voler cette partie de lui, cette humanitude si extraordinaire qui laissait entrevoir un monde meilleur ?
Sydney soupira et lança la question fatidique : Pourquoi ? Pourquoi t’es-tu créé ce masque si froid et si rigide ?